L’affaire de Tarnac, cette enquête sur les sabotages de lignes TGV en octobre et novembre dernier, est en train (c’est le cas de le dire) de virer au fiasco pour la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie.
Ou comment à trop vouloir démontrer l’existence d’une prétendue « résurgence d’un terrorisme d’ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome », on en vient tout bonnement… à reconstruire la réalité.
Koz toujours, sur son blog, a bien raison de s’arc-bouter sur le seul élément à charge (et encore n’est-il en rien une preuve de quoi que ce soit) qui résiste encore dans ce dossier, car il ne semble plus y avoir rien d’autre :
Que faisaient Yldune Lévy et Julien Coupat le 7 novembre dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là ?
Que l’enquête réponde déjà à cette question, intéressante en effet, on verra ensuite si la France est réellement victime d’une radicalisation de l’ultra-gauche basculant dans le terrorisme, bien décidée à paralyser le pays en neutralisant tous les réseaux de communication jusqu’à ce que s’ensuive l’effondrement général de toute l’économie, de la société, et du capitalisme de surcroît.
L’an dernier, il ne fallait surtout pas dire « sabotage »…
Que s’est-il passé cette nuit-là ? Des lignes de chemin de fer ont été dégradées par malveillance en plusieurs point du réseau, conduisant à la désorganisation du trafic et à des retards de trains à l’arrivée en gare. Est-ce un phénomène rare et grave ? Nullement. Personne n’a été blessé. Des actes de malveillances sur le réseaux ferré sont monnaie courante et se comptent par centaines chaque année, au dire des cheminots.
Oui, mais ces actes étaient cette fois-ci coordonnés, obéissant au même mode opératoire, nourrissant le soupçon d’un complot. Certes. Pourtant, exactement un an auparavant, en novembre 2007, des actes concertés de dégradation malveillante des réseaux SNCF ont eu lieu également. La SNCF évoquait déjà « une action coordonnée de sabotage ». Nicolas Sarkozy demandait déjà que ces actes de malveillance soient punis « avec la plus extrême sévérité », mais le ministre des transports Dominique Bussereau s’était toutefois refusé, à l’époque, à « utiliser le terme de sabotage qu’on emploie qu’en période belliqueuse ». (source : TF1, le JDD). En 2008, tout cela est devenu tout d’un coup du « sabotage », et même pire, du « terrorisme »…
Aucun lien à établir a priori entre ces deux épisodes. Le premier avait été interprété à l’époque comme en lien avec la fin de la grève dure des cheminots, qui venait de s’achever. Quoiqu’on n’en sache rien, à vrai dire, puisqu’un an après… les auteurs courent toujours et l’enquête est au point mort. Le mode opératoire des dégradations était toutefois manifestement différent : destruction des systèmes de signalisation par incendie en novembre 2007 ; arrachage des caténaires au passage des trains suite à la pose malveillante d’un étonnant système de crochet sur ces caténaires en novembre 2008.
« Les caténaires de la peur »
Arrêtons nous un peu sur ces fameuses « caténaires de la peur » dont le Figaro magazine nous présentait, avec avidité, les « images exclusives » deux jours après les faits. ( La forte valeur symbolique de ces « crocs du diable » est bien analysée par André Gunthert, sur son blog Actualité de la recherche en histoire visuelle.)

- la « catenaire de la peur » selon Le Figaro
La question de ces crochets est fort intéressante, puisque c’est justement là que tout commence, et, probablement aussi, que tout prend rapidement une fort mauvaise direction. D’où sortent-ils ? Qui les a conçus ? Qui les a fabriqués ? Et aussi, comme s’interrogent immédiatement les cheminots dans leurs forums très actifs sur le sujet dès le matin des faits : comment fait-on pour les poser sur la caténaire, dans laquelle circule un courant de 25.000 volts, sans provoquer un arc électrique mortel pour le poseur ?
Le dispositif est, de leur point de vue, particulièrement ingénieux et simple dans son principe, remarquablement efficace dans son pouvoir de destruction du matériel, mais très dangereux dans son maniement (larges échos de ces débats entre professionnels du rail dans ce long fil de commentaires ouvert sur Le web des cheminots, dans les heures suivant les incidents et constamment nourri dans les semaines qui ont suivi. Lire aussi surle blog du syndicaliste cheminot Bernard Aubin).
Ne dramatisons pas… Enfin pas tout de suite…
Dès le 10 novembre pour le Figaro, « la piste d’une série de sabotages commis par des spécialistes ne fait plus guère de doute ». On ne doute pas non plus, pour l’heure, qu’il s’agisse de « vandales » et on ne parle pas de « terroristes ». Les soupçons se tournent plutôt dans une autre direction : « Au terme de 48 heures d’enquête, la piste interne [à la SNCF] n’est pas exclue. »
Aucune dramatisation dans cette affaire, pour l’heure. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy confie d’ailleurs au Figaro :
« Les auteurs savaient qu’ils ne mettaient pas en cause la sécurité des voyageurs en faisant dérailler un train, mais qu’ils feraient parler d’eux. Ils ont provoqué la panne des pannes, pas dangereuse mais invalidante… »
Pas d’urgence ou de pression particulière pour mener cette enquête non plus, nous dit le Figaro : « Selon Pepy, la principale piste pour remonter aux saboteurs pourrait passer par « le recoupement éventuel d’appels passés depuis leurs portables au moment des faits ». Premières conclusions attendues d’ici à deux semaines. » Quant aux crochets, ils sont partis à l’analyse…
Replaçons nous bien dans ce climat initial des 8 au 10 novembre, pour mieux apprécier la brutale dégradation des conditions météo qui interviendra à partir du 11 novembre, quand la ministre de l’Intérieur prendra la parole devant les journalistes… Mais nous n’en sommes pas encore là…
La piste « oubliée » des écologistes anti-nucléaires
Mais d’où sortent donc ces crochets ? Les cheminots n’en ont jamais vus de tels (des photos circulent entre eux dans les forums dès le lendemain des faits). Mais certains en ont entendu parler… (10 novembre) :
Les transports de déchets nucléaires en Allemagne ont été l’occasion de centaines d’actes de sabotage, dont une partit importante contre la DB (le premier article cité ci-dessous évoque 400 incidents entre 1994 et 1997, date de publication de l’article).
La technique du crochet en acier suspendu à la caténaire est très classique, et il y en a eu plusieurs vagues en Allemagne. Les incidents les plus récents de ce type que je retrace dans les archives des journaux remontent à vers 2005.
Et le cheminot de pointer, notamment, cet article du Berliner Zeitung de novembre 2005 (traduction automatique Google).
Sans évoquer le crochet, le même cheminot s’interrogeait d’ailleurs dès le 8 novembre sur la « piste anti-nucléaire »…
Comment ? Vous ne connaissez pas le « Hakenkralle » ?
Ce fameux crochet, ou Hakenkralle, est en effet fort bien connu des Allemands qui lui consacrent même un article sur Wikipédia. C’est dire la célébrité de l’« engin ». On en trouve aisément sur le net des plans de conception, et il a même été quasiment érigé en monument de la contestation des écologistes radicaux dans leur lutte contre les convois ferroviaire de déchets nucléaires entre l’Allemagne et l’usine de retraitement de la Hague, en France.

- Plan de conception d’un Hakenkralle

- Schéma de Hakenkralle

- Hakenkralle d’or

Qui a vu passer le « train Castor » du 7 novembre ?
Tiens, justement. Un de ces convois ferroviaire de déchets nucléaires, dits « trains Castor », était prévu au départ de La Hague… le 7 novembre 2008, et les militants anti-nucléaires français comme allemands l’attendaient de pied ferme depuis des semaines, préparant une grande mobilisation. On lit ainsi, dès le 15 octobre 2008, sur HNS-Info, « Stop Castor ! Blocages antinucléaires de masse en novembre 2008 en Allemagne » :
Aux dernières nouvelles, le transport devrait partir le 7 novembre de La Hague et arriver le 9 à Lüneburg, le 10 à Gorleben. A moins que… nous nous mettions en travers et le retardions efficacement.
Les militant-e-s allemand-e-s appellent à manifester et à barrer la route aux transports nucléaires, car ils sont en quelque sorte de talon d’Achille du lobby nucléaire. Il est difficile d’arrêter une centrale nucléaire par contre, arrêter un transport de déchets nucléaire, ne serait-ce que pour quelques heures, c’est plus du domaine du possible.
La police est au courant, bien entendu. Elle établit même immédiatement un rapprochement entre les membres du « groupe de Tarnac » qu’elle surveille… et les opérations contre les « trains Castor ». Le rapport de la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire (SDAT) au procureur de Paris, en date du 15 novembre 2008, que Mediapart s’est procuré et a publié, indique (page 5) qu’alors que le couple Lévy/Coupat est observé par les policiers, dans la nuit du 7 au 8 novembre à proximité d’une ligne TGV :
Dans le même temps nous étions avisé par l’état major de la direction centrale de la police judicaire du contrôle de trois des membres du groupe sur la commune de Haut-Clocher (Moselle), les nommés Manon Glibert, Benjamin Rosoux et Gabrielle Hallez alors qu’ils dormaient dans un véhicule stationné sur un chemin communal en lisière de bois, au lieu-dit Saint-Ulrich soit à moins de 4 kilomètres de la ligne ferroviaire sur laquelle devait passer dans la même soirée le train d’acheminement de matières radioactives dit train « Castor » et à moins de 10 kilomètres de la ligne de passage du TGV-Est sur laquelle était intervenu l’incident observé lors de notre surveillance quelques heures auparavant.
Une opération annoncée… et revendiquée !
Document Mediapart :
La pose de crochets sur les caténaires est signalée par la police ferroviaire en quatre points du réseaux cette nuit-là (une autre pose de crochet est signalée par la SNCF dans la nuit du 25 au 26 octobre).
L’opération est même revendiquée par les écologistes radicaux ! Ce dont fait état le rapport de la SDAT du 15 novembre :
Cette analyse était confirmée par une revendication parvenue le 10 novembre 2008 par courrier au quotidien allemand Berliner Zeitung posté le 9 novembre 2008 de Hanovre (Allemagne) évoquant de récentes actions ayant eu pour objectif de perturber le trafic ferroviaire en France et en Allemagne et précisant que les actions s’inscrivaient dans le cadre de la vague de protestations liées au transport de France vers l’Allemagne par le train Castor de déchets nucléaire retraités pendant le week-end du 8 novembre 2008. Ce texte précisait après des revendications d’ordre anti-capitaliste « ils ont ainsi agi cette nuit au moyen de crochets métalliques » citant les actions menées en France ainsi que des actions menées conjointement sur le réseau ferroviaire allemand, informations confirmées par les services de police allemands. Cette revendication était signée « En souvenir de Sébastian », en référence au nommé Sébastien Briat, activiste mort lors du passage d’un train Castor en 2004.
Révélée par Mediapart le 22 novembre, cette revendication allemande ne sera « découverte » par le reste de la presse qu’à la mi-décembre !
Selon le JDD (14 décembre), « Sabotages, révélations sur une piste allemande » :
C’est précisément vers l’Allemagne que l’enquête sur les sabotages des lignes TGV perpétrés dans la nuit du 7 au 8 novembre dernier lorgne actuellement. Comme l’avait dévoilé le site Mediapart le 22 novembre, ces actions avaient été revendiquées outre-Rhin et en allemand, avant le coup de filet policier mené à Tarnac (Corrèze), Rouen (Seine-Maritime) et Paris le 11 novembre, par un courrier posté de Hanovre et adressé au Tageszeitung de Berlin. Selon cette lettre, non publiée par le « Taz », les quatre sabotages et tentatives de sabotage des voies TGV à l’aide de « crochets », ainsi que d’autres actions visant aussi le réseau ferré en Allemagne durant la même nuit, visaient à protester contre le capitalisme en général et le transport de déchets nucléaires en particulier.
Des anonymes ont revendiqué dans une lettre en allemand au quotidien de gauche berlinois Tageszeitung des actes de sabotage contre des lignes de chemin de fer en France et en Allemagne en novembre.
« Parce que nous en avons ras le bol, nous avons dirigé aujourd’hui aux aurores notre colère contre les lignes de transport de (déchets) nucléaires », écrivent les auteurs de cette missive reçue mi-novembre par la TAZ, dont l’AFP a eu copie.
Le week-end du 11 novembre, retardé par d’énormes manifestations, un convoi de déchets nucléaires retraités en France avait mis plus de trois jours pour arriver à un centre de stockage du nord de l’Allemagne.
« Avec des incendies criminels et des crochets métalliques, nous avons donné le signal de notre résistance sur les lignes Paris-Strasbourg, Paris-Lille, Paris-Rhône-Alpes, Paris Bourgogne, Ludwigshafen-Mayence (ouest), Kassel-région de la Ruhr (centre et ouest), région de la Ruhr-Hanovre (idem), Brême-Hambourg (nord) et plusieurs lignes des environs de Berlin », poursuit cette lettre.
Nous voilà donc avec une opération des écologistes radicaux allemands annoncée, puis revendiquée, selon une technique connue et éprouvée, que ces mêmes Allemands pratiquent depuis des années. Mais que viennent faire Lévy et Coupat dans cette affaire ?
Questions de bricolage et technique de pose…
A proximité de la ligne TGV, les policiers les perdent de vue durant une vingtaine de minutes dans la nuit des faits. Serait-ce suffisant pour procéder à la pose du crochet qui sera retrouvé ultérieurement à cet endroit ?
Retour vers nos cheminots, qui s’interrogent toujours dans leurs forums et débattent de manière fort concrète (ici, ici, ici, ici, et aussi là).
L’opération leur semble jouable. Encore faut-il disposer, à leur avis, d’un minimum de matériel : une perche isolante (de ce type) pour monter le crochet à plusieurs mètres de hauteur, au niveau de la caténaire, sans risquer de provoquer un arc électrique potentiellement mortel (nos cheminots conseillent également le port de gants isolants - de ce type -, et de monter sur un tabouret isolant - de ce type).
Aucun matériel de ce type, ni aucun autre dispositif permettant de mettre en place le crochet sur la caténaire, n’a été retrouvé par les policiers en possession d’aucun des membres du « groupe de Tarnac » interpellés.
Et quid de la fabrication des crochets ? Elle demanderait, selon nos cheminots bricoleurs, si ce n’est « une cintreuse », un outil professionnel, à tout le moins « un poste de soudure à acétylène »… Aux dires de l’un de ceux de Tarnac, Benjamin Rosoux, interrogé par Libération, les perquisitions effectuées à Tarnac n’ont conduit qu’à la saisie de « deux coupe-boulons »…
Et qu’en est-il de la « seconde équipe » ?
Surtout, quatre opérations sur les voies ont eu lieu en France dans la nuit du 7 novembre. Lévy et Coupat ont été aperçus à proximité du lieu de l’une d’elles (mais sans matériel avec eux). Qui a donc procédé aux trois autres dégradations ? Si Lèvy et Coupat sont mêlés à l’une des opérations (ce que la police semble aujourd’hui incapable de prouver), il y a de toute façon, manifestement, dans cette affaire… une seconde équipe (au moins) au sujet de laquelle la police ne sait rien, en tout cas ne dit rien !
Si Lèvy et Coupat sont mêlés à cette opération, comment se sont-ils organisés avec les autres, comment se sont-ils procurés le crochet ? La surveillance étroite dont il faisaient l’objet n’a permis d’établir, aux dires du rapport de la SDAT, qu’un vague contact de Coupat avec une certaine Sandra G., par ailleurs impliquée dans une affaire allemande de crochet sur les caténaires en 1996-1997. Il n’est fait état d’aucun autre contact, réunion… Aucun moyen d’échange d’information, de planification/coordination d’une action concertée n’est mis en avant avec « la filière allemande », alors que Lévy et Coupat étaient sous très étroite surveillance depuis des mois…
« Sabotages SNCF : et si les enquêteurs s’étaient plantés ? » s’interroge sur son blog (dès le 13 novembre) notre syndicaliste cheminot Bernard Aubin…
Un glissement « surréaliste » de la thèse policière
Et puis comment a-t-on pu passer d’une opération de militants écologistes radicaux anti-nucléaires franco-allemands, somme toute assez classique (ce vers quoi poussent toutes les informations concrètes disponibles), à une résurgence d’un « terrorisme d’ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome » pour le moins hypothétique ? Il y a là une sorte de mystère.
Le rapport de la SDAT est à ce sujet tout à fait édifiant d’une sorte de « glissement », purement intellectuel, dans le raisonnement policier, qui ne repose sur aucun élément concret et matériel, mais uniquement sur des rapprochements et des spéculations… liées à un livre.
En même temps que le policier auteur de ce rapport d’enquête signale le passage du « train Castor », la revendication allemande, et le contexte des écologistes anti-nucléaire, il assure de manière totalement surréaliste :
Un rapprochement était immédiatement opéré avec l’idéologie de blocage des axes de circulation et des flux de communication prônés par le nommé Julien Coupat. (…) Immédiatement un rapprochement était opéré entre nos observations de la nuit et la doctrine de blocage des flux du nommé Julien Coupat qui s’exprime ainsi au sein de son pamphlet, mettant en évidence la fragilité de l’Etat par ses voies de communication qu’il convient d’attaquer afin de libérer l’homme (…).
Les actions de la nuit du 7 au 8 novembre éclairées à la lumière de la doctrine du groupe, loin d’être de simples dégradations commises à l’encontre du réseau ferré comme il en existe de centaines par an, doivent donc être envisagées comme un acte politique visant à la déstabilisation de l’Etat.
C’est que les policiers de la SDAT n’enquêtent pas sur les blocages ferroviaires des écologistes anti-nucléaires radicaux, ils enquêtent sur Julien Coupat et son « groupe de Tarnac » et sur une résurgence d’un « terrorisme d’ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome » à laquelle Michèle Alliot-Marie croit très fort.
Et il y a un livre en effet, « L’insurrection qui vient » (note de lecture sur novövision), signé d’un anonyme « Comité invisible ». Mais la police connaît « un témoin anonyme » qui assure que l’auteur est Julien Coupat et elle le croit [1].
Et il ne lui en faut pas plus que ça. La solution est à Tarnac, et nulle part ailleurs. La motivation est d’« ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome », et rien d’autre. Quand bien même cet objet politique est un Ovni qui ne semble exister que dans l’esprit des policiers et de leur ministre…
Vous connaissez la suite…
Le propre porte-parole de Michèle Alliot-Marie en viendra à reconnaître devant David Dufresne de Mediapart (vidéo en lien ci dessous) que le cri de victoire médiatique de la ministre était improvisé et précipité :
En fait, Gérard Gachet, porte-parole du ministère, nous le révèle (cf. vidéo) : « La police aurait sans doute préféré 24 heures de plus pour vraiment bien ficeler son affaire… »
Aujourd’hui, Lévy et Coupat sont toujours en détention (les seuls parmi les 20 personnes interpellées le 11 novembre) malgré la demande d’un juge des Libertés, sur foi du dossier, de les libérer (une décision infirmée par une instance de recours sur demande exceptionnelle du parquet).
Le dossier est toujours aussi vide : on ne sait toujours pas ce que faisaient-là Lévy et Coupat cette nuit-là, mais on ne sait pas non plus, s’ils avaient dû participer aux dégradations, comment ils auraient procédé… On ne sait rien non plus des auteurs des trois autres dégradations de la même nuit en France (et de celles qui ont eu lieu en Allemagne au même moment). En revanche, Michèle Alliot-Marie, elle, est bien sure d’avoir affaire à une « résurgence d’un terrorisme d’ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome »… Y a comme quelque chose qui cloche, une sorte de malaise, vous ne trouvez pas ?
A lire, écouter et voir également sur le web :
Sur le traitement « médiatique » de l’affaire :
Schneidermann a raison de clouer au pilori ce véritable torchon rédigé par Christophe Cornevin pour Le Figaro, qui pourra figurer en bonne place dans la galerie des pires horreurs du journalisme monstrueux.
Voir également une amusante réponse en forme de pied de nez de l’« ultra-gauche » au traitement réservé par les « journalistes » de TF1 à cette affaire.
Sur ses aspects judiciaires :
A propos de l’« ultragauche » :

