Adrew Keen, entrepreneur, vit dans la Silicon Valley. Il écrit pour des journaux américains. Son blog : The Great Seduction.

Le violent pamphlet d’Andrew Keen contre le Web 2.0 fit grand bruit à sa sortie aux Etats-Unis, l’été dernier, suscitant une polémique dont les échos étaient parvenus jusqu’en France (lire Francis Pisani (Transnet), références en fin de texte). L’ouvrage est désormais traduit en français et disponible en librairie depuis peu.
Faut-il n’y voir, comme répond Francis Pisani à l’auteur, avec courtoisie, mais sans guère de nuance lui non plus : l’expression d’« un culte de l’expert » et une dénonciation du Web 2.0 « au nom de l’ordre moral » et pour la défense de vieilles industries déclinantes ?
Je n’ai pas aimé le livre moralisant d’Andrew Keen (vous en étiez-vous rendu compte ?). Malgré ses précautions oratoires, son demi -humour épisodique il constitue essentiellement un appel à l’ordre moral le plus étroit, une défense d’institutions qui ont besoin de changer, une attaque contre la démocratisation par le web.
Le pamphlet ne vise-t-il pourtant pas juste comme le souligne Denis Olivennes, en préface de l’édition française ?
Que dit-il, en effet d’une manière argumentée, documentée et solide ? Que, bien sûr, le Net est une fanstastique invention, source de progrès et de démocratisation de la culture. Mais qu’en même temps, il menace de dynamiter l’ancien édifice, patiemment construit depuis les Grecs antiques, par lequel nous nous représentons le monde, de manière intelligible ou sensible, avec le souci de la qualité des oeuvres, de la vérité des faits et du sérieux des analyses.
Un « apostat » d’internet
L’ouvrage d’Andrew Keen est souvent brouillon et mal construit, parfois excessif ou caricatural. C’est que l’auteur n’est pas un théoricien. Son livre n’est pas une thèse d’expert, mais le fruit des réflexions personnelles d’un homme qui se décrit lui-même comme un « apostat qui a renoncé pour de bon au culte d’Internet ».
Au delà de la caricature que fait de lui Francis Pisani, Andrew Keen pose à mon sens d’excellentes questions sur l’évolution d’internet à l’heure de la « révolution Web 2.0 », il pointe de réels problèmes et met en avant des enjeux de société fondamentaux. On ne peut pas les balayer d’un revers de la main, en se dispensant de les regarder de près, pour éviter de répondre à un propos qui n’est tout de même pas rien : le Web 2.0 détruit-il notre Culture et notre société ?
Pour remettre un peu d’ordre dans le livre d’Andrew Keen, je « reclasse » son propos, et je le présente sous la forme des six questions qu’il se pose et auxquelles il tente d’apporter une réponse :
- Le Web 2.0 produit-il du contenu du qualité ? Ce contenu est-il crédible et fiable ?
- Le web 2.0 détruit-il l’économie de la Culture, et la Culture elle-même ?
- Encourage-t-il le désordre moral ? Menace-t-il nos libertés individuelles ?
- Comment civiliser cet univers sauvage ?
Le Web 2.0 produit-il du contenu du qualité ?
La charge d’Andrew Keen est forte contre « le culte de l’amateur », cette véritable marque de fabrique du Web 2.0, qui s’organise autour du « contenu généré par les utilisateurs » (User generated content, ou UGC).
Le Web 2.0 porte au pinacle ce « noble amateur », qui écrit des articles dans Wikipédia, des billets sur son blog hébergé par Blogspot, ou sur des « journaux citoyens », qui diffuse sa musique sur MySpace et ses vidéos sur Youtube, ce lecteur aussi, guidé dans sa lecture par Google, qui laisse des commentaires un peu partout, note et recommande ses trouvailles sur Digg. Selon un fan rencontré par l’auteur, « ces “nobles amateurs” allaient “démocratiser la dictature de l’expertise” ». Avec quel résultat au bout du compte ?
Le noble amateur représente le triomphe de l’innocence sur l’expérience, du romantisme sur le pragmatisme éclairé de la raison.
Prenant l’exemple de l’encyclopédie collective Wikipédia, Andrew Keen y voit un « rejet de l’expertise », une tendance à mettre chacun sur un pied d’égalité, sans tenir compte que sur tel ou tel sujet, tout le monde n’a pas la même connaissance ou la même compétence :
La triste vérité, c’est que (…) la majorité des internautes ne peut pas distinguer l’avis éclairé d’un expert des divagations chimériques d’un contributeur anonyme de Wikipédia.
Il constate le même phénomène sous la figure du « citoyen journaliste » :
Les citoyens journalistes n’ont pour leur part [contrairement aux professionnels ], ni formation, ni compétence et confondent la plupart du temps fait et opinion, rumeur et reportage, allégation et information.
Sur leur blog, « 34% des 12 millions de blogueurs américains estiment pratiquer une forme de journalisme », mais ils ne sont pour l’auteur que des journalistes « en pyjama » :
L’essentiel de ces cohortes anonymes écrivent, de chez eux et en pyjama, des chroniques largement autobiographiques qui ont pour but non d’informer, mais de potiner, d’exposer avec sensationnalisme les scandales politiques du moment, d’afficher des photos embarrassantes de divers personnages publics et d’offrir aux visiteurs des liens qui les mèneront vers des histoires d’OVNI ou de complot politique.
Ce citoyen journaliste qui « n’a pas la même responsabilité que les vrais reporters », n’a en réalité pour l’auteur, ni les ressources, ni les savoir-faire, ni l’accès au sources, ni les moyens pour mener des investigations lui permettant de proposer une information de qualité.
Dans cet environnement égalitaire, l’intellectuel, qu’il soit George Bernard Shaw, Ralph Waldo Emmerson ou [Jürgen] Habermas lui-même, n’est qu’une voix stridente de plus dans la cacophonie ambiante.
La technologie actuelle nous permet de diffuser quasi instantanément sur internet ce que nous faisons ou disons [partage ou podcasts audio ou vidéo, blogs, etc. ]. Parmi ce pullulement de contenu amateur, y a-t-il vraiment des choses qui valent la peine d’être regardées ?
Le Web 2.0 produit-il du contenu crédible et fiable ?
Pas un jour ne s’écoule sans qu’une nouvelle révélation vienne remettre en question l’exactitude, la véracité et la crédibilité de l’information que l’on trouve sur internet.
On peut trouver la remarque excessive et redouter qu’elle ne dérive vers une dénonciation générale de tout ce qui est disponible en ligne (alors qu’il existe d’excellents blogs
), mais les exemples ne manquent malheureusement pas à l’appui de l’auteur.
« Dans l’univers du Web 2.0, réalité et vérité ne sont bien souvent que des chimères », car il est difficile de discerner ce qui est fiable et crédible, de ce qui est pastiche, ou, bien pire, fraude, manipulation, propagande et mystifications :
Le média de référence (Internet) est devenu incroyablement vulnérable à la corruption et à la désinformation. (…) Non seulement nous restons impuissants à juguler cette épidémie de désinformation, mais nous sommes incapables d’en identifier la source.
Sous le règne de l’anonymat généralisé, internet regorge d’articles erronés, de photos falsifiées (et l’auteur en donne nombre d’exemples se rapportant à des affaires américaines). Il y a des faux blogs par millions, des « splogs », destinés à fausser les résultats de Google, des « flogs » qui dissimulent des intentions commerciales cachées :
62% des internautes ne savent pas distinguer les sites indépendants des sites financés par des annonceurs à l’issue d’une recherche sur internet.
En vérité, sur internet comme partout ailleurs, c’est la voix de l’entreprise au budget publicitaire astronomique qui domine la clameur.
Sagesse des masses ? « Dans l’univers du Web 2.0, c’est la masse qui fait autorité, elle qui détermine ce qui est vrai de ce qui est faux », souligne l’auteur.
Les résultats que l’on obtient à la suite d’une recherche [sur Google] ne sont pas nécessairement les plus fiables, ni les plus pertinents : ce sont tout simplement les plus populaires. (…) Au mieux cette méthode restreint notre accès à l’information. Au pire, elle déforme dangereusement notre vision du monde et notre perception de la vérité.
En définitive, Google nous renvoie « à nous-mêmes »… Qui plus est, « le moteur de Google peut aisément être corrompu ou manipulé », par le « google bombing » ou les stratégies de référencement. Sur le site Digg.com, comme le révèle une enquête du Wall Street Journal, « une coterie de trente “influenceurs” [sur 900.000 utilisateurs] décidait d’un tiers des gros titres affichés sur la page d’accueil ».
Les sites d’information comme Digg et Reddit se disent plus honnêtes et plus démocratiques que les médias traditionnels, mais en vérité ils contribuent à créer un espace médiatique oligarchique et corrompu puisqu’ils sont manipulés par des individus qui influencent le système de recommandation (…).
Bref, « la sagesse des masses, elle n’est qu’illusion », « un concours de popularité » , en plus parfois truqué !
Le web 2.0 détruit-il l’économie de la culture ?
C’est dans sa manière d’aborder l’économie de la culture qu’Andrew Keen s’exprime de la manière la plus brouillonne. En « reclassant » l’argumentaire qu’il développe dans les deux chapitres centraux de son livre, on discerne un raisonnement, finalement tout à fait valable, qui se développe en plusieurs temps :
- que ce soit dans l’univers de la musique, du cinéma et de la vidéo, de la littérature, de la radio et la télévision, comme de la presse, le Web 2.0 sape les fondements économiques de toutes ces industries de la culture (en piétinant la propriété intellectuelle des auteurs et en imposant un modèle généralisé de diffusion gratuite des contenus), ce qui précipite à la ruine les disquaires, salles de cinéma, clubs vidéos, librairies, chaînes de radio et télé, journaux et magazines.
- ça ne fait l’affaire, ni du public, qui voit au bout de compte que son choix de biens culturels et d’information s’en trouve bel et bien réduit en nombre et en qualité, ni pour les auteurs, artistes, interprètes ou journalistes, qui ne trouvent plus les moyens de rémunérer leur « effort créatif », ou tout simplement leur travail, et sont de plus en plus nombreux à vivoter ou bien à aller pointer au chômage.
- « L’économie du Web 2.0 ne crée aucun emploi pour remplacer ceux qu’elle supprime. » Au point qu’on en vient à se demander : « Où est passé l’argent ? » Dans la poche de Google pardi !, et de quelques autres grosses sociétés Web 2.0, qui fonctionnent sur le même modèle : « ne créer aucun contenu », mais « générer des recettes publicitaires » en exploitant le contenu apporté par les utilisateurs. Il n’y a dans ce modèle économique, selon Andrew Keen aucune « création de valeur », mais un fonctionnement « parasitaire » .
Je ne reprends pas ici dans le détail, l’observation effectuée - chiffres en main - par l’auteur, successivement, sur les secteurs de la musique, du cinéma et de la vidéo, de la littérature, de la radio et la télévision, comme de la presse. Il se base essentiellement sur des informations déjà connues, qui démontrent toutefois sans difficulté la justesse de son propos : partout les disquaires, les libraires, les salles de cinéma et les journaux ferment les uns après les autres aux Etats-Unis.
Quand ils survivent, c’est en abaissant la qualité et la quantité de leur offre : moins d’information et de programmes créatifs sur les télévisions, moins d’artistes produits et diffusés par moins de labels musicaux, moins de films diffusés dans moins de salles de cinéma, moins de reportages et moins de pages dans les journaux et les magazines. Quand ils « passent sur internet », comme les sites des journaux, c’est pour faire moins, avec moins de moyens, car leurs ressources en ligne sont inférieures à ce qu’elles étaient avant le Web 2.0.
C’est tout « l’écosystème » de la Culure et de l’information qui est menacé :
J’ai bien peur que ce merveilleux écosystème d’auteurs, d’éditeurs, de rédacteurs, de producteurs, d’agents, de journalistes, de musiciens et de comédiens ne puisse jamais être rétabli s’il est un jour démantelé. Nous le détruisons à nos risques et périls.
Ce qui est triste, c’est que les Mozarts, Van Goghs et Hitchcoks du futur passeront peut-être inaperçus dans le chaos démocratisé du contenu autoproduit.
Le Web 2.0 encourage-t-il le désordre moral ?
Nous en venons à ce « désordre moral » sur internet, dont la dénonciation par Andrew Keen déplaît tant au « libertaire » Francis Pisani… ![]()
Disons-le, même si je n’ai pas, moi non plus, ni le culte, ni même la culture de l’Ordre moral, Francis Pisani exagère et taille véritablement un costume à l’auteur…
Ce que dénonce Andrew Keen, chacun le constate :
- la pornographie est omniprésente sur internet et l’on n’y est bien souvent confronté sans l’avoir sollicité, même si l’on est mineur ! Des prédateurs sexuels rodent en ligne, on le sait bien.
- les jeux d’argent en ligne prospèrent à tout va, dans la plus parfaite illégalité (tant au regard de la loi américaine que de la réglementation française).
- des phénomènes de dépendance psychologique se développent chez certains internautes : au sexe, au jeu, ou même à internet en général…
Plus polémique, la généralisation banalisée du « vol de propriété intellectuelle », aussi bien par le piratage, le téléchargement illégal, ou même le plagiat (« emprunt, copiage, collage, remixage ou mash-up ») qui se répand partout, notamment dans le système scolaire, « est en train de corrompre et transformer notre culture et nos valeurs ».
Ou encore :
L’économie Web 2.0 a faussé les valeurs de la jeune génération avec ses millionnaires instantanés et ses voltiges financières hyperboliques.
Il s’agit bien là pour l’auteur d’une « dégradation des valeurs morales à l’ère du Web 2.0 ».
Si nous ne parlons pas davantage de cette problématique, c’est qu’il s’agit d’abord et avant tout d’une question d’ordre moral, or, l’univers du Web 2.0 n’aime pas les débats éthiques.
Le Web 2.0 menace-t-il nos libertés individuelles ?
La dénonciation de Big Brother par Andrew Keen n’est pas nouvelle non plus, mais il pose le problème avec clarté : se développe aujourd’hui en ligne « une culture de la surveillance » qui menace nos libertés individuelles.
Le stockage et l’accès en ligne d’une quantité de plus en plus importante de données personnelles, telles que les coordonnées bancaires, les dossiers médicaux, comme les pratiques de navigation et les habitudes de consommation, pose deux sortes de problème :
- la vulnérabilité à la fraude et au vol de nos « identités électroniques »
- la mise en place d’un système d’espionnage.
Il y a le risque de l’exploitation malveillante de ces possibilités d’espionnage de l’individu, mais un usage légale ou encadré (par l’Etat, les employeurs, les compagnies d’assurance et les marchands), pose le même problème de « l’implosion du droit à la vie privée », dans un monde « où l’on aura plus droit au secret. »
Depuis le début de la révolution Web 2.0, la ligne de démarcation entre ce qui est public et ce qui est privé n’a cessé de s’embrouiller.
Naviguer sur internet, c’est participer malgré soi à une vaste étude de marché.
Comment civiliser cet univers sauvage ?
Face à un tel tableau, parfois un peu apocalyptique, il est vrai, l’auteur est pourtant bien loin de suggérer des solutions extrêmes ou radicales, il se refuse à tout « retour en arrière ». Il se révèle plutôt pragmatique et ouvert et en appelle surtout à « faire régner la loi sur internet », renforçant celles qui existent ou en en créant de nouvelles lorsque c’est nécessaire.
Andrew Keen reconnaît qu’il ne croit pas vraiment à l’efficacité de l’autocontrôle des individus :
Nous avons besoin de règlements pour nous aider à contrôler nos comportements en ligne au même titre où nous avons besoin du code de la route pour nous protéger et nous aider à éviter les accidents de la route.
Il en appelle finalement à civiliser « l’univers sauvage du Web 2.0 ».
Il demande au gouvernement de lutter de manière renforcée contre ce qui est illégal (piratage, fraudes, vols d’identité, téléchargement illégal, jeux d’argent en ligne…). En matière de protection de l’enfance contre la pornographie et les prédateurs sexuels, il avance que la lutte indispensable par les autorités contre ce fléau ne sera pas efficace sur une participation des familles (développement de l’éducation et du contrôle parental).
En matière culturelle, il suggère à chacun une modification de son comportement individuel (respecter la propriété intellectuelle des auteurs) et de privilégier en ligne les outils qui respectent des standards de qualité :
- soutenir le projet d’encyclopédie en ligne Citizendium, plutôt que Wikipédia, car l’information y est supervisée par des spécialistes et validée par des experts.
- préférer les plates-formes de vidéo en ligne Joost ou Brightcove, à Dailymotion, qui font « la distinction entre créateur de contenu et consommateur de contenu » et proposent des contenus de qualité tout en offrant les fonctionnalités d’un site interactif.
- en matière d’information, il estime que certains journaux tels que The Guardian, parviennent, en ligne, à ne pas « compromettre leurs standards éditoriaux », et se réjouit que des sites « pure web » comme HuffingtonPost embauchent des journalistes, ou soient même créés par des journalistes (Politico) : puisque l’offre de qualité existe, c’est le lecteur qui est désormais placé devant ses responsabilités…
Rien de franchement révolutionnaire, ni scandaleux, au bout du compte, mais un appel à la raison et à la responsabilité qui laisse un peu sur sa faim, après une telle mise en accusation des menaces et les dérives du Web 2.0…
Utilisons la technologie pour encourager le progrès, l’innovation et la communication, mais tout en préservant nos standards actuels de franchise, de bienséance et de créativité.
Bâtir l’avenir dans le respect du passé. Voilà notre véritable obligation morale.
Fort bien, mais est-ce que ça va suffire à nous protéger de ce gigantesque nivellement intellectuel par le bas que l’auteur voit se profiler dans le Web 2.0 ?
Lire aussi sur le même livre :
- Bruits et chuchotements : Le culte de l’amateur. Comment internet détruit notre culture (2 mai 2008) :
Le livre d’Andrew Keen est très simplificateur mais donne à penser. A prendre comme un retour de balancier contre les discours purement web 2.0. A mon sens voici les faiblesses et les points forts de l’argumentation : (…)
- cet ouvrage semble incapable d’envisager de nouvelles formes de création via internet et ne voit de solutions que limitantes (interdictions, blocages)
il n’en reste pas moins qu’il pointe bien deux simplifications :
- l’idéologie qui veut voir dans toute possibilité technique (télécharger, commenter, publier) une avancée culturelle, sans voir ce qu’elle fait perdre
- l’idéologie qui veut nier la dimension économique de la création, sous prétexte que les industries culturelles en tiraient des bénéfices trop élevés
Ecrans/Libération
- « Je suis contre cette culture de l’amateurisme », interview de l’auteur par Frédérique Roussel (22 août 2007)
Francis Pisani (sur Transnet)
- Face à l’auteur du culte de l’amateur (23 août 2007).
- Le culte de l’expert (24 août 2007).
- Contre le désordre moral (26 août 2007).
- Pour une critique sérieuse (27 août 2007).
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