A lire sur lemonde.fr, une interview de Denis Muzet, « sociologue, spécialiste des médias, [qui] a créé en 1982 Médiascopie, un institut qui s’est spécialisé dans l’étude de l’impact produit par la communication sur les téléspectateurs. »
Extrait :
La « rupture » mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy est moins dans la politique elle-même que dans le style. Il a installé une gouvernance médiatique qui tire les leçons de l’évolution de notre société médiatique depuis une dizaine d’années.
Qu’entendez-vous par société médiatique ?
C’est une société dans laquelle les gens passent, en moyenne, trois heures par jour à regarder la télévision, plus trois heures à écouter la radio, consulter Internet, etc. Autrement dit, plus de la moitié du temps de veille consiste à avoir un rapport au réel à travers des médias, et non plus un rapport direct. Cela modifie en profondeur le rapport à la politique. Cette société médiatique est dominée par le fast news, les infos brèves en continu, et ce que j’ai appelé la « mal-info », qui ne fait qu’accroître l’anxiété devant la complexité du monde, au lieu d’en comprendre le sens.