Un commentateur du précédent billet de Karp signale que l’excellent taux de visites par visiteurs de Drudge report tient sûrement en partie au rafraîchissement automatique fréquent de la page du site. Fort bien, répond Karp, c’est pour ça qu’on y revient, ou qu’on y reste. Quel intérêt de laisser à l’écran une page déjà lue qui ne change pas ?
la plupart des sites d’information sont des tas de pages de contenus sur lesquelles les gens atterrissent en arrivant DE QUELQUE PART AILLEURS et qu’ils quittent rapidement pour aller QUELQUE PART AILLEURS.
Voilà pourquoi Google tire plus de valeur économique sur le web que n’importe quelle autre société de médias - car Google a compris comment être le point de départ. Et ils l’ont fait en offrant L’ENSEMBLE du Web, et non pas seulement une petite tranche de celui-ci.
La plupart des sites d’information offre une petite tranche de la toile, qui se compose de leur propre contenu.
Les agrégateurs offre L’ENSEMBLE du Web.
La plupart des sites d’information - en fait, la plupart des sites de contenu - ne sont qu’un bref point d’arrêt pour les utilisateurs surfant sur le web, ni un début ni une fin.
Karp prend exemple sur sa propre navigation : il lit le New York Times tous les jours et visite le site un ou deux fois par jour (à moins qu’il y ait une « dernière heure »). Et il n’a pas de raison d’y revenir.
En revanche, je visite Techmeme (un site d’agrégation de liens liés aux technologies) plusieurs fois par jour, parce qu’il ya toujours de nouvelles infos. En fait, je visite le site du New York Times plus souvent par l’intermédiaire d’un lien sur Techmeme que je ne vais directement à NYTimes.com.
Et puis, il ya des centaines de nouveaux sites que je ne visite que si un site comme Google ou Techmeme m’y envoie. Je ne reviendrai pas sur ces sites jusqu’à ce qu’on m’y renvoie à nouveau. Mais je retourne toujours sur Techmeme ou Google.
Certes, reconnaît Karp, un site d’information n’a pas le choix entre être un « passeur de contenu » (« a pass-through content publisher ») et un « agrégateur point de départ » (« a starting point aggregator »). « Mais un site d’information peur faire LES DEUX ».
En bout de ligne … Je retournerai toujours sur le site qui se met à jour constamment avec des liens. C’est la façon dont je peux tirer le plus de valeur du Web comme source d’information.
Mais, redoute Karp, il sera peut-être difficile de convaincre les éditeurs de sites d’information de consacrer une partie de leur page d’accueil à de l’agrégation de liens externes. C’est contraire totalement au fonctionnement de la plupart des sites de presse américains actuellement.
Les outils existent pour permettre au rédactions de produire un flux continu d’information. Il faut juste désigner quelqu’un pour le faire.
Et pour les sites français ?
On notera que les sites des grands journaux américains (New York Times, Washington Post, Los Angeles Times, Chicago Tribune, par exemple) ne proposent même pas un fil d’actualité « live » des dépêches d’agences de presse sur leur page d’accueil, comme le font, par exemple Libération, Le Figaro, ou Le Monde, avec un module en bonne place, sur la partie supérieure droite de leur page d’accueil.
C’est un début de renouvellement en continu de la page d’accueil, même si on n’en est pas encore à la réelle agrégation de liens externes… Quoique lemonde.fr a innové avec sa nouvelle formule en présentant sur sa page d’accueil sa « Revue de web », composée de quelques liens externes sélectionnés.
La réflexion de Scott Karp est donc tout aussi valable pour les sites d’information français : il sont en bout de chaîne du web, et il laissent le champs totalement libre et sans concurrence aux sites « point de départ » (que ce soit des agrégateurs automatisés - Google, ou humains - Drudge report)… Il n’y a pas encore de « Drudge report » français qui les menaces réellement, mais certains s’y essaient déjà… ![]()
Après avoir déjà tant lâché à Google, vont-ils laisser cette valeur s’échapper à son tour ?
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