@ UnPseudo
Ok, le titre « copyright » est abusif, puisque ce n’est même pas une notion française. 
Ma démarche vise en effet à protéger le droit moral de l’auteur (respect de l’intégrité de son oeuvre et de l’attribution de paternité) plutôt que les droits patrimoniaux. Quoique je vois mes textes repris par des sites qui affichent de la publicité à côté et cette manière de se faire de l’argent sur mon dos me dérange profondément.
J’ai choisi d’en venir au droit d’auteur « classique » plutôt qu’une licence libre, car je constate que la licence libre est mal comprise par certains, et qu’elle est même utilisée - avec la plus parfaite mauvaise foi - comme paravent : puisqu’elle autorise la reprise libre, reprenons ! Les conditions de la reprise (paternité, intégrité, utilisation non-commerciale, etc.) ne seraient que des détails secondaires.
Au fond, la licence libre est utilisée comme justification des détournements, ce qui est une façon de dire qu’elle ne fonctionne pas bien.
@ ropib
C’est trop facile de ramener uniquement ce débat à la seule question économique. UnPseudo le signale d’ailleurs, notre droit (et donc notre société) reconnaît deux dimensions bien différentes du droit d’auteur : les droits patrimoniaux (ce à quoi on réduit uniquement la question du droit d’auteur le plus souvent) et c’est bien une question économique, et le droit moral de l’auteur (qui n’est pas économique : puisque ce droit-là est « imprescriptible, inaliénable et incessible ». On ne peut pas faire d’argent avec, puisqu’il ne se vend pas !).
Je veux bien que le rapport entre l’auteur et l’oeuvre est une question historique qui a beaucoup varié dans le temps : Homère était probablement un « auteur collectif », et les copistes du Moyen-Âge ne voyaient pas de difficulté à glisser leurs propres commentaires entre les lignes des textes d’Aristote qu’ils recopiaient, sans éprouver le besoin de signaler leur « contribution ».
A l’époque moderne, le regard que nous portons sur le rapport entre l’auteur et l’oeuvre est tout autre. Il entraîne des conditions impératives : le respect de la volonté de l’auteur qui s’exprime dans son oeuvre, le respect de l’intégrité de cette oeuvre et le respect de son attribution de paternité. Et tout ça, pour des raisons qui ne sont pas économiques : c’est notre société qui estime qu’une oeuvre ne peut être totalement comprise qu’en prenant en compte la personnalité de son auteur (les conditions sociales, historiques, psychologiques, etc. dans lesquelles il l’a créée), et qu’une oeuvre d’un auteur doit aussi s’apprécier au regard des autres oeuvres qu’il a produites. C’est tout le débat sur l’approche critique de l’auteur et de l’oeuvre en littérature, entre critique interne et critique externe.
Il y a une dimension de responsabilité éditoriale aussi, qui a été transcrite dans le droit et qui fait d’un auteur le responsable de son expression publique.
Quoiqu’il en soit, notre société établit un lien entre l’auteur et son oeuvre qui ne doit pas être rompu et qui doit rester traçable.
Et vous voyez bien qu’on a même pas encore abordé la question économique… 
@ Moktarama
Sur Google Reader : l’agrégation de contenus sur le poste utilisateur pour faciliter la lecture ne me semble pas poser de problème particulier. Ça commence à se compliquer un peu quand on partage ses listes de lecture en « texte intégral ». Si le fil n’est pas rompu avec l’auteur et le contexte où est publié le texte, permettant au lecteur d’y « remonter » à tout moment (ce qui est indispensable pour évaluer la crédibilité, pour tout simplement vérifier, pour comprendre « dans son contexte », et aussi pour faire jouer la responsabilité éditoriale si nécessaire), ça reste acceptable.
Sur le journalisme de lien : on est là dans une démarche très différente. L’agrégation de liens est une logique qui va dans une toute autre direction que celle de l’agrégation de contenus. Le texte n’est pas déplacé, il n’est jamais sorti de son contexte : ce qui est diffusé, c’est uniquement un chemin d’accès.
Voilà pourquoi je milite pour le développement de l’échange de liens, mais pas plus que ça pour la duplication à l’infini des contenus détachés de leur contexte.